Pont du Larivot : « il n’y a pas d’inquiétude à avoir »
Il y a quelques semaines, le député de Guyane Jean-Victor Castor faisait part de son inquiétude après l’apparition de fissures sur plusieurs piles du pont du Larivot. Une situation qui a suscité des interrogations chez les usagers. Mais pour Thierry Jolly, chef du service Infrastructures et Transports à la DGTM de Guyane, il n’y a pas lieu de s’alarmer :
« Ces fissures sont connues, maîtrisées et suivies depuis plusieurs années. Il n’y a pas de désordre structurel en tant que tel »
Les fissures observées concernent principalement la pile P7, touchée par un phénomène identifié de réaction sulfatée interne, bien connu des spécialistes.
Des travaux déjà engagés, mais peu visibles
Si la population ne perçoit pas toujours l’ampleur des interventions, c’est parce qu’une grande partie des travaux se déroule actuellement sous l’ouvrage. « Nous avons lancé un important marché de travaux en deux phases. Aujourd’hui, on travaille sous le pont : remise en peinture, réparations et interventions ciblées sur les piles », explique Thierry Jolly
© VINCI
La pile P7 fera notamment l’objet, dès le mois de mars, de travaux de colmatage et d’injection, destinés à prévenir toute corrosion des armatures métalliques internes. L’État consacre des moyens financiers conséquents à l’entretien du pont du Larivot, précise le responsable de la DGTM :
« La première phase représente 20 millions d’euros d’investissement. La seconde portera ce montant à 40 millions d’euros pour la remise complète en état de l’ouvrage »
À terme, les travaux concerneront également la chaussée, l’étanchéité, la couche de roulement et les garde-corps. L’objectif : garantir la durabilité du pont existant, parallèlement à la mise en service du nouveau pont du Larivot.
Des contrôles réguliers et encadrés
Comme l’ensemble des ouvrages d’art en France, selon la DGTM, le pont du Larivot fait l’objet d’un suivi strict et régulier. « Il y a une visite annuelle réalisée par les équipes de la DGTM, et tous les cinq ans une inspection détaillée menée par des experts du Cerema », rappelle Thierry Jolly.
Ces contrôles permettent d’assurer l’entretien courant, mais aussi de planifier des opérations plus lourdes lorsque cela s’avère nécessaire. Le pont est conçu pour une durée de vie d’environ 100 ans.
© G. Ho-A-Sim - Radio Télé Péyi
Pas de risque pour les usagers
Avec environ 22 000 véhicules par jour, dont 5 % de poids lourds, le pont du Larivot reste pleinement fonctionnel, insiste Thierry Jolly.
« Il n’y a pas d’inquiétude à avoir. L’ouvrage est structurellement sain. Il faut simplement l’entretenir, et c’est ce que fait l’État au quotidien »
Accompagnée par des bureaux d’études spécialisés et des entreprises reconnues dans ce domaine, la DGTM assure le suivi non seulement du pont du Larivot, mais aussi des 102 ouvrages d’art du territoire. « L’entretien régulier, c’est la clé pour garantir la sécurité et éviter toute fermeture », conclut le chef du service Infrastructures et Transports.
Cette mise au point de la DGTM intervient alors que le chantier de doublement du pont du Larivot connaît des retards et peine à avancer, un contexte qui nourrit les interrogations des usagers sur l’avenir de cet axe stratégique.