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Elie Stephenson à la FLIP 2026 : la Guyane rayonne sur la scène littéraire brésilienne

À 82 ans, le poète et dramaturge guyanais Elie Stephenson poursuit son engagement pour la reconnaissance de la culture guyanaise. Invité de la 24ᵉ édition de la Festa Literária Internacional de Paraty (FLIP), l'un des plus prestigieux festivals littéraires d'Amérique latine, il a porté un message fort en faveur d'une Guyane pleinement ancrée dans son espace amazonien et sud-américain. Cette participation marque une nouvelle étape dans le rayonnement de son œuvre au Brésil.

  • Par: adminradio
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Invité par la Fundação Casa de Rui Barbosa, institution rattachée au ministère brésilien de la Culture, Elie Stephenson a participé, du 22 au 26 juillet, à plusieurs rencontres littéraires à Paraty, dans l'État de Rio de Janeiro. Accompagné de son épouse Nora, il a pu échanger avec des universitaires, des éditeurs et des acteurs culturels brésiliens autour de son parcours et de son œuvre.

Cette invitation intervient après la traduction en portugais de deux de ses ouvrages majeurs : Catacombes de soleil, devenu Catacumbas de Sol, et Une Flèche pour le Pays à l'encan, publié au Brésil sous le titre Uma flecha para o país em leilão. Ces publications contribuent à faire connaître la littérature guyanaise auprès du public lusophone et du monde universitaire. A l'origine de cette traduction, Maria Elvira Diaz, des éditions Papeis Selvagens, livre sa vision de l’auteur guyanais : 

« L'œuvre d'Elie Stephenson ne se limite pas à une affirmation identitaire. Elle constitue une réflexion permanente sur la décolonisation culturelle, sociale et économique de la Guyane »

Au cours de son intervention, Elie Stephenson est revenu sur une rencontre déterminante dans son parcours : celle de Léon-Gontran Damas, figure fondatrice du mouvement de la Négritude, dans les années 1960 à Paris.

À l'époque président de la section parisienne de l'Union des Étudiants Guyanais, Elie Stéphenson reçoit un conseil qui orientera durablement son écriture : 

« Damas m'a dit que j'avais du talent, mais que je devais cesser d'écrire "comme les Blancs" et parler de notre réalité avec nos mots, pour éveiller les consciences de notre peuple. »

Depuis plus d'un demi-siècle, cette conviction irrigue son œuvre, aujourd'hui étudiée au Brésil aux côtés de celles de Damas, Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor.

Des liens historiques entre la Guyane et le Brésil

La FLIP a également permis de mettre en lumière les passerelles culturelles entre la Guyane et le Brésil. Elie et Nora Stephenson ont notamment rencontré Elisabeth Larkin Nascimento, présidente de l'Institut de Recherche et d'Études Afro-Brésiliennes (IPEAFRO) et veuve du sénateur et militant antiraciste Abdias Nascimento, fondateur du Teatro Experimental Negro.

« Le lien entre le Brésil et la Guyane existe depuis longtemps, à travers ce courant intellectuel et politique de la Négritude », rappelle Elisabeth Larkin Nascimento.

Ces échanges illustrent la volonté de renforcer les coopérations culturelles entre les deux territoires, autour d'une histoire et de valeurs communes.

Un combat qui se poursuit

Malgré sa cécité, Elie Stephenson a tenu à participer à cette manifestation internationale, accompagné de son épouse Nora. Soutenu par Oyapock Réseau Action (ORACT), l'Association Guyanaise d'Édition et la Direction de la Culture, de la Jeunesse et des Sports de Guyane, l'écrivain considère cette invitation comme une étape supplémentaire dans son combat pour une meilleure reconnaissance de la Guyane au sein de son environnement amazonien.

Pour lui, cette présence à Paraty dépasse la simple dimension littéraire : elle participe à la transmission d'une mémoire, d'une identité et d'un patrimoine culturel auprès des nouvelles générations.

Le déplacement a été filmé par la réalisatrice brésilienne Bárbara Vento. Un documentaire coproduit par Ginja Filmes & Produções retracera prochainement cette rencontre entre la littérature guyanaise et le public brésilien.