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Patrick Lecante : « La Guyane n'est pas pauvre, elle est empêchée »

« La Guyane possède les ressources, mais pas le cadre pour les développer ». De retour du Sommet mondial des bassins hydrographiques de Rio de Janeiro, Patrick Lecante, président du Comité de l'Eau et de la Biodiversité de Guyane, appelle à un changement de modèle. Selon lui, le territoire dispose de ressources exceptionnelles, mais souffre d'un manque de stratégie pour les valoriser au profit des Guyanais.

  • Par: adminradio
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Après le Sommet mondial des bassins hydrographiques organisé à Rio de Janeiro, Patrick Lecante, président du Comité de l'Eau et de la Biodiversité de Guyane, élu au Conseil d'Administration de l'Office International de l'Eau, dresse un constat sans détour sur la situation du territoire.

« La Guyane n'est pas pauvre. Elle est empêchée », affirme le président du Comité de l'Eau et de la Biodiversité de Guyane et ancien maire de Montsinery-Tonnegrande. Selon lui, les richesses naturelles du territoire restent sous-exploitées au bénéfice de ses habitants, tandis que l'orpaillage illégal, la pêche clandestine et les activités illicites continuent de prospérer.

Thibault Lechat-Véga, vice-président de la CTG chargé de l'Europe, Barbara Pompelli, ancienne ministre de la Transition écologique et Patrick Lecant, président de l'Office de l'eau de Guyane. 

Dans une tribune, il rappelle notamment que « l'orpaillage illégal détourne chaque année l'équivalent de 16 % du PIB guyanais », tout en soulignant les conséquences économiques, environnementales et sanitaires de cette activité.

Une coopération régionale qui se structure

À Rio comme à Belém, Patrick Lecante dit avoir observé des pays voisins qui « se donnent les moyens d'agir » en structurant leurs politiques autour de l'eau, de la forêt et des ressources naturelles.

Conférence Bioplateaux à Paramaribo au Suriname en novembre 2024 © A.BeharyLS - Radio Télé Péyi

Il cite notamment le projet transfrontalier Bio-Plateaux, développé entre la Guyane, le Brésil et le Suriname, comme la preuve que l’Amazonie française peut devenir un acteur majeur de la coopération régionale. « Ce n'est pas un discours sur la coopération, c'est une coopération qui fonctionne, avec les acteurs locaux », insiste-t-il.

« Développer plutôt que figer »

Dans sa tribune, Patrick Lecante critique également la création de nouvelles aires protégées sans concertation avec les collectivités locales. Récemment, élus locaux et collectifs d’association ont dénoncé la création "sans concertation" d’une nouvelle réserve biologique de 156 000 ha dans l’est de la Guyane.

Réserve Armontabo sur les communes de Saint-Georges et Régina © ONF 

Selon lui, la protection de l'environnement doit s'accompagner d'un véritable développement durable, plaide-t-il.

« La Guyane n'a pas besoin d'un sanctuaire de plus. Elle a besoin d'un cadre qui permette à ses habitants de produire, d'entreprendre et de transmettre sur leur propre territoire »

Le président du Comité de l'Eau et de la Biodiversité appelle ainsi à structurer les filières du bois, de la pêche, de l'agriculture ou encore de la bioéconomie afin de créer davantage d'emplois et de valeur ajoutée en Guyane, tout en renforçant la lutte contre les activités illégales.