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Forte inquiétude en vue d'une baisse de 60 % de l’aide au logement social

Les principaux acteurs du bâtiment en Guyane tirent la sonnette d’alarme après l’annonce d’une baisse de 60 % de la ligne budgétaire unique (LBU) pour 2026. Une coupe jugée “drastique” qui pourrait freiner fortement la construction de logements sociaux et fragiliser tout un secteur déjà sous tension.

  • Par: adminradio
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L’association régionale des maîtres d’ouvrages sociaux (ARMOS), la Fédération régionale du BTP (FRBTP), le Medef et l’Ordre des architectes ont publié une tribune commune pour dénoncer la réduction de la LBU, outil central du financement du logement social en Outre-mer. Pour 2026, l’enveloppe passerait d’environ 63 millions d’euros à 39 millions, soit une baisse de près de 24 millions d’euros (-60 %).

Un coup dur pour un secteur déjà fragilisé, alors que la demande de logements sociaux ne cesse d’augmenter. En Guyane, environ 1 500 logements sont livrés chaque année, alors que les besoins restent bien supérieurs. Selon les acteurs du secteur, cette baisse budgétaire pourrait aggraver encore une crise du logement déjà structurelle.

“Une division par deux, voire par trois des logements livrés”

La présidente de l’ARMOS, l’association régionale des maîtres d’ouvrages sociaux  et directrice générale de 2Ter Habitat, Crystelle Dib-Pitrolle, alerte sur l’impact direct pour la production de logements.

L'année dernière, sur 1 400 logements, 700 ont été financés grâce à la LBU. Cette année, on passerait à peine à 250 logements. (…) C’est un point d’arrêt, voire un gel des opérations de construction et de réhabilitation.

Crystelle Dib-Pitrolle - présidente de l’ARMOS, l’association régionale des maîtres d’ouvrages sociaux  et directrice générale de 2Ter Habitat © G.Ho-A-Sim - Radio Télé Péyi 

Elle rappelle également la tension déjà forte sur le territoire. “Nous livrons environ 1 500 logements par an, quand il en faudrait 2 500. Si l’impact est une division par deux ou par trois, cela va allonger considérablement l’attente des demandeurs.

Le BTP redoute des faillites et des pertes d’emplois

Du côté de la FRBTP, La Fédération régionale du BTP, le constat est tout aussi alarmiste. La baisse des investissements publics pourrait avoir des conséquences en cascade sur l’économie dans le secteur du bâtiment. Le secrétaire général de la FRBTP, Lauric Sophie, prévient :

On aura un nombre de défaillances d’entreprises dans le bâtiment qui va augmenter de manière très conséquente, avec des pertes d’emplois importantes dès fin 2026 et encore plus en 2027. Par ces investissements manquants, c’est la population qui sera mise en difficulté.

Lauric Sophie - secrétaire général de la FRBTP © G. Ho-A-Sim - Radio Télé Péyi 

Le débat s’invite à l’Assemblée nationale

Le député de Guyane et président de la délégation Outre-mer, Davy Rimane, a interpellé la ministre des Outre-mer sur cette baisse des crédits. Il dénonce une situation déjà critique et rappelle également les besoins massifs en logements sur les territoires ultramarins : 

On attend toujours 13 000 logements sociaux en Guyane. C'est 15 000 en Martinique, c'est 50 000 à La Réunion. Je ne savais pas qu'il était de coutume de tirer dans une ambulance déjà bringuebalante. En Guyane, plus d'un habitant sur deux vit sous le seuil de pauvreté. À La Réunion, des familles entières s'entassent dans des deux pièces, faute de loyer abordable. Madame la ministre, je vous demande de la transparence. À combien comptez-vous amputer le budget dédié aux outre-mer ? Comment pouvez-vous nous les garantir ?

La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, assure de son côté que les moyens restent mobilisés et sur  la LBU, elle se veut prudente :

80 % des crédits votés en matière de logement sont aujourd’hui disponibles. Nous venons de déléguer 55 % des enveloppes aux préfets pour accélérer les projets. C’est un pilier essentiel et structurant. Je suis très vigilante sur cette ligne budgétaire. Il n’y a pas d’annonce à faire à ce stade. Mais évidemment, je continuerai à tenir informée la représentation nationale, la délégation aux Outre-mer que vous présidez

Dans un communiqué, la sénatrice de Guyane, Marie-Laure Phinéra-Horth, alerte elle aussi sur “un risque élevé de pertes d’emplois directs et indirects” et rappelle que la LBU est “un outil indispensable pour lutter contre l’habitat indigne