Gabriel Serville dénonce un « désaccord profond avec l’État » après la visite de Naïma Moutchou
Le président de la CTG affirme que cette décision n’est pas un geste de rupture, mais un signal politique. Selon lui, les thèmes qu’il souhaitait aborder n’ont pas été validés en amont, rendant la rencontre inutile.
« Je souhaitais qu’on ait une base de travail (…) Il ne s’agit pas de venir dans mon bureau pour faire causette. Les sujets n’ont jamais été validés et je n’ai pas eu de réponse. »
Gabriel Serville explique avoir réitéré ses demandes auprès des services de l’État et de la ministre, sans retour concret. Pour lui, cette absence d’engagement ne permettait pas d’instaurer un dialogue constructif.
Des inquiétudes budgétaires et sécuritaires
L’exécutif territorial met en avant plusieurs dossiers jugés prioritaires, notamment la suppression de 30 millions d’euros de dotation structurelle et de 50 millions destinés aux collèges et lycées. La question de l’orpaillage illégal et ses conséquences a également été évoquée comme une urgence pour le territoire.
« Après tout le travail effectué avec le président de la République, les Premiers ministres et les différents ministres des Outre-mer, ce travail ne peut pas être vain. (…) Le gouvernement a fait le choix de nous mettre dans une impasse et je n’ai pas l’intention de demeurer silencieux. »
Une critique la méthode de l’Etat sur l’évolution institutionnelle
Sur le plan institutionnel, Gabriel Serville a noté que la ministre a voulu « ouvrir un processus comme si rien n’avait été fait ». L’exécutif territorial a souligné que la « main tendue » annoncée par la ministre lors de son déplacement n’est qu’une « posture » et un « manque de considération pour les démarches engagées depuis plusieurs années par les élus guyanais ».
Selon lui, les échanges n’ont pas permis d’aborder en profondeur les attentes du territoire, notamment en matière de gouvernance et d’autonomie. Le calendrier établit par l'ancien ministre Valls n'a pas été suivi par sa succéceure. Une consultation populaire devait être proposée après les élections municipales selon le président de la CTG.
Le président de la CTG réaffirme vouloir privilégier un dialogue direct avec les plus hautes autorités de l’État. « Je veux discuter avec le chef du gouvernement, je veux discuter avec le Président de la République, parce que ce sont eux qui détiennent la clé. Je ne veux pas discuter avec des personnes qui ne sont pas entendues au sein de leur propre gouvernement. »
Vers une stratégie commune des élus
Pour la suite, Gabriel Serville souhaite réunir les élus locaux et les parlementaires afin de définir une position commune. L’objectif est d’obtenir « des réponses aux problématiques légitimes » de la Guyane et de renforcer la mobilisation autour des enjeux économiques, sociaux et institutionnels du territoire.
VIDEO complète de la conférence de presse de Gabriel Serville :