Le « Kolektif Pou Lagwiyann Désidé » se lance et appelle à une mobilisation populaire
« Non à la mise sous cloche de la Guyane ! Oui à notre droit de décider pour nous-mêmes et par nous-mêmes ! », proclame le KPLD. Présenté ce jeudi 17 juin 2026 à l'hôtel de ville de Cayenne, le Kolektif Pou Lagwiyann Désidé (KPLD) rassemble des acteurs politiques, des représentants de la société civile, des syndicats et des associations.
Pour ses membres, le rejet de la proposition de loi sur les hydrocarbures par l’Assemblée nationale symbolise une nouvelle fois l'incapacité de la Guyane à décider de son propre avenir économique.
« L'objectif, c'est de répondre. C'est de répondre que nous n'acceptons pas cette fin de non-recevoir », affirme Mylène Mathieu, membre du collectif et représentante de l'association Guyane Autonomie. Selon elle, « la situation économique et sociale du territoire justifie une réaction forte ».
« Tous les marqueurs sociaux et économiques sont au rouge, virent au violet. Qui va compenser ce manque à gagner ? », interroge-t-elle. L'ancienne conseillère territoriale rappelle que les projections réalisées à l'époque de la loi Hulot évoquaient des recettes fiscales potentielles pouvant atteindre entre 300 et 500 millions d'euros par an pour la Collectivité territoriale de Guyane.
Mylène Mathieu © E. Cornec - Radio Télé Péyi
Pour les membres du collectif, la question dépasse le seul enjeu énergétique. Elle touche à la capacité du territoire à maîtriser son développement et à valoriser ses ressources naturelles, poursuit Mylène Mathieu :
« Tout autour de nous, sur l'arc amazonien, le Brésil, le Surinam ou encore le Guyana exploitent leurs ressources. Alors, est-ce qu'on peut rester silencieux ? »
Le collectif donne rendez-vous à la population ce vendredi à 17 heures aux Chaînes brisées, à Cayenne. Une mobilisation que ses organisateurs présentent comme le point de départ d'un mouvement plus large. « Ça a toujours été la rue qui a pesé dans les grandes décisions et les grands enjeux de notre territoire », souligne Mylène Mathieu :
« Tous les Guyanais connaissent notre histoire et nous savons que nous avons besoin de notre force collective. Cette fois-ci, il faut aller plus loin que 2017. »
Mouvements sociaux de Mars-Avril 2027 © AFP
Au-delà de la question des hydrocarbures, le collectif entend porter des revendications plus larges sur l'avenir institutionnel de la Guyane. « Nous voulons nous rassembler pour obtenir tout ce à quoi nous avons droit en tant que citoyens dignes d'une République », insiste-t-elle.
« C’est le moment de se mobiliser »
Pour la représentante de Guyane Autonomie, le rejet du texte constitue un tournant politique. « Pour certains, ce sera la goutte qui fait déborder le vase. Pour d'autres, ce sera le moment où les écailles tombent des yeux », estime-t-elle. Selon elle, cette décision illustre une réalité que le collectif dénonce depuis longtemps :
« Le destin de notre territoire est capturé à 8 000 kilomètres. Aujourd'hui, c'est le moment. Il n'y a plus de prétexte, plus de justification plausible pour nous dire que nous ne pouvons pas exploiter nos propres richesses afin de répondre à nos besoins. »
Le Kolektif Pou Lagwiyann Désidé espère désormais inscrire son action dans la durée, avec l'ambition affichée de peser sur les choix politiques tant au niveau local que national.