Premiers pas officiels en Guyane pour la ministre des Outre-mer
La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a débuté ce mercredi sa première visite officielle en Guyane depuis sa prise de fonction en octobre dernier. Accueillie à Cayenne, elle a rencontré la maire Sandra Trochimara et le sénateur Georges Patient, avant d’entamer un déplacement de quatre jours rythmés par des échanges avec les acteurs économiques, associatifs et politiques du territoire. Une visite toutefois marquée par le refus du président de la CTG de la recevoir. La ministre a évoqué dès son arrivée vouloir mettre sur pied « un plan d’action pour la Guyane », dont les contours restent à déterminer.
« Un mandat de terrain »
Dès son arrivée à l’Hôtel de Ville de Cayenne, la ministre a insisté sur sa volonté d’écoute et de dialogue. La ministre affirme vouloir jouer un rôle de facilitatrice :
« Je suis venue à la rencontre des Guyanaises et des Guyanais. Je suis dans un mandat de terrain. Ce qui compte, c’est que je passe ici trois ou quatre jours utiles, puis que je propose un plan d’action pour le territoire Il s’agit de venir débloquer des situations, de construire des perspectives et l’avenir pour les Guyanaises et les Guyanais. »
Son programme prévoit notamment une visite au Centre spatial guyanais à Kourou, ce jeudi, pour assister au lancement d’Ariane 6, ainsi que des déplacements à Saint-Laurent-du-Maroni autour des enjeux de sécurité et de jeunesse.
Un déplacement sous tension politique
Les relations entre l’État et la CTG se sont tendues depuis un rendez-vous non honoré avec le chef de l’État en septembre dernier. Quelques heures avant son arrivée, le président de la Collectivité Territoriale de Guyane, Gabriel Serville, a annoncé qu’il ne la rencontrerait pas. Il dénonce l’absence d’engagements formels de l’État sur plusieurs dossiers, notamment l’évolution institutionnelle du territoire, pour laquelle il attend un calendrier précis en vue d’une consultation populaire vers un statut autonome de la Guyane.
Dans un communiqué, Gabriel Serville pointe également la suppression de 30 millions d’euros prévus dans un accord signé en 2021, ainsi que la non-reconduction des 50 millions d’euros annuels issus des accords de Guyane de 2017 pour la construction d’établissements scolaires.
Malgré ce refus, Naïma Moutchou se dit prête au dialogue :
« J’ai beaucoup de respect pour le président Serville. Je déplore qu’il ne m’ait pas reçue. Je suis disponible s’il souhaite me rencontrer. Sur le volet institutionnel, la porte est ouverte. Parlons-en, avançons. »
La ministre affirme vouloir travailler sur une feuille de route économique construite avec les acteurs locaux.
« L’idée n’est pas de dicter depuis Paris ce qui doit être fait. Il faut donner les moyens à la production locale, soutenir les entreprises, répondre aux défis du logement, de la sécurité et surtout préparer l’avenir de la jeunesse guyanaise. »
Avant son retour à Paris samedi, la ministre doit échanger avec les acteurs économiques sur les dispositifs d’aide aux entreprises et signer le nouveau bouclier qualité-prix, liste de produits de consommation dont les prix sont gelés.