Mana : la mort d’un enfant dans un accident relance le débat sur la sécurisation des routes de la commune
L’accident s’est produit mardi 21 avril vers 7h15 au PK4 de la route de Charvein. Selon plusieurs témoins, l’enfant traversait la chaussée pour rejoindre un proche lorsqu’il a été violemment percuté par un véhicule. Sous la violence du choc, il a été projeté sur plusieurs dizaines de mètres, tandis que la voiture terminait sa course dans un fossé.
Pris en charge en arrêt cardio-respiratoire, l’enfant a été réanimé sur place par les secours avant d’être transporté en urgence au CHU de l’Ouest. Malgré les efforts des équipes médicales, son état est resté critique et il a finalement succombé à ses blessures ce mercredi matin.
Une enquête a été ouverte par la gendarmerie afin de déterminer les circonstances exactes du drame.
L’émotion et l’hommage du maire de Mana
Face à ce drame, le maire de Mana, Albéric Benth, a tenu à exprimer son émotion et son soutien à la famille de la victime :
« D'abord toute l’équipe municipale exprime sa vive émotion concernant la mort de cet enfant. Et apporte son soutien à la famille, aux parents qui sont aujourd'hui en deuil ».
L’élu souligne également que la commune travaille depuis plusieurs années sur les questions de sécurisation des routes, tout en alertant sur les difficultés sociales rencontrées par certaines familles :
« Nous avons fait un courrier au président de la CTG, lui demandant une rencontre rapide […] pour voir comment apporter des réponses concernant les parents qui n'ont pas les moyens de payer le transport scolaire ».
© Albéric Benth - Maire de Mana - Photo : A.BeharyLS
Des routes jugées dangereuses et inadaptées
Dans deux courriers adressés à la Collectivité territoriale de Guyane (CTG), le maire appelle à une réflexion globale sur l’aménagement des routes départementales, nombreuses sur la commune. Le maire de Mana met en avant les difficultés rencontrées par les enfants vivant loin des établissements scolaires :
« Les enfants sont éloignés des groupes scolaires et doivent prendre le bus […] Nous demandons qu'il y ait des aménagements, notamment des pistes cyclables et piétonnes […] et des espaces pour les bus où les enfants seront en attente et à l'abri du soleil et de la pluie ».
Le défi de la sécurité à l’approche du nouveau groupe scolaire
Avec l’ouverture prévue du groupe scolaire de Charvein en septembre 2026, la question de la sécurité des déplacements devient encore plus cruciale. De nombreux enfants seront ainsi amenés à se rendre à pied à l’école, parfois sur plusieurs kilomètres. Albéric Benth alerte sur une situation déjà préoccupante :
« Avoir des gamins de 7 ans, de 8 ans, même de 5 ans, n'ayant pas les moyens de prendre le bus, ça devient dangereux pour eux de se mettre en bordure de route. Ils utilisent le système D pour aller à l'école […] ils attendent qu'un transporteur ou qu'un privé les prenne ».
Dans un communiqué, la CTG indique "adresser ses pensées à la famille de l'enfant". Elle explique également avoir engagé une campagne de sécurisation des arrêts de bus, la mise en place d'une tarification sociale pour faciliter l'accès aux transports scolaires et la décentralisation des titres de transports pour améliorer le service aux usagers.