Pompiers de Cayenne : la grève menace malgré les solutions avancées
Le syndicat UTG SDIS 973 a officiellement déposé un préavis de grève pour les pompiers du centre de secours de Cayenne. Les soldats du feu dénoncent des conditions de travail qui se sont fortement dégradées au fil des années, dans des locaux construits il y a plus de quarante ans.
Selon le syndicat, la présence d’amiante est avérée depuis longtemps, tout comme l’insalubrité générale du bâtiment. François Comissi, secrétaire général de l’UTG SDIS 973, évoque des documents techniques attestant de la vétusté des lieux et des risques sanitaires encourus par les agents :
« Il existe des diagnostics qui prouvent que le bâtiment est amianté et que l’état intérieur comme extérieur est insalubre. On refuse de jouer avec la santé des pompiers »
Le SDIS reconnaît l’amiante et annonce des travaux
De son côté, le commandant du SDIS Guyane, le colonel Jean-Paul Le Vif, reconnaît la présence d’amiante dans le bâtiment, principalement dans les peintures et les revêtements, mais souligne qu’elle est connue et encadrée depuis plusieurs années :
« Cette situation ne nous satisfaisait pas. C’est pourquoi des études ont été menées et des travaux vont être engagés pour améliorer les conditions de vie : étanchéité, sanitaires, éclairage et réseaux ».
Un budget d’environ 13 millions d’euros a été mobilisé pour la réhabilitation du centre de secours.
Le point de blocage : des bungalows sur le même site
Le principal désaccord porte sur la solution de relogement temporaire. Le SDIS prévoit l’installation de bungalows dans la cour arrière de la caserne pendant la durée des travaux, une option refusée par le syndicat, qui réclame une délocalisation complète des agents. Pour le commandant du SDIS, rester sur site est un impératif opérationnel :
« Le centre de Cayenne est au cœur de la ville. Le déplacement sur un autre site poserait de lourdes difficultés. Les bungalows seront étanches et validés par les instances compétentes pour préserver la santé des agents »
Il précise toutefois que le dialogue reste ouvert, même si une remise en cause complète du projet semble difficile à ce stade.
Continuité du service assurée en cas de grève
Enfin, le SDIS se veut rassurant pour la population. En cas de grève, des mesures de continuité du service seront mises en place : réquisitions, mobilisation de volontaires et renforts des centres voisins de Rémire-Montjoly et Matoury. « La population n’aura pas à souffrir de ce mouvement en matière de secours », garantit le commandant du SDIS Guyane.
Les négociations doivent se poursuivre d’ici lundi, alors que les pompiers attendent des garanties concrètes sur leur santé et leurs conditions de travail.