Callisto : la fusée réutilisable prend place au Centre spatial guyanais
Décoller, redescendre… et recommencer. C'est l'ambition de Callisto, un démonstrateur conçu pour tester les technologies des fusées réutilisables. Au Centre spatial guyanais, une maquette grandeur nature vient de prendre place sur l'ancien pas de tir de la fusée Diamant, annonce le CNES. Une nouvelle étape pour ce projet commun aux agences spatiales française, allemande et japonaise, qui ouvre une campagne d'essais jusqu'en 2027, avant l'arrivée du véhicule de vol.
Par La rédaction PÉYI · 29/10/2026

Apprendre à communiquer avant de voler
Avant de décoller, Callisto doit apprendre à dialoguer avec le sol. La maquette installée sur le pas de tir est équipée de six antennes. Elle permet de vérifier les échanges avec les équipements au sol, des communications essentielles au décollage comme pendant la redescente du véhicule. Les antennes de télémétrie du démonstrateur ont été conçues par la start-up toulousaine Anywaves.
Le lieu ne doit rien au hasard. Callisto s'élancera depuis l'ancien site de la fusée Diamant, utilisé entre 1970 et 1975 puis abandonné au profit des ensembles de lancement d'Ariane. Rebaptisé Ensemble de lancement multilanceurs (ELM), il est réhabilité pour accueillir les micro et mini-lanceurs privés européens. Un pas de tir réutilisé pour une fusée réutilisable : le clin d'œil n'a pas échappé au CNES.
Un premier étage en miniature
Callisto, pour Cooperative Action Leading to Launcher Innovation in Stage Toss-back Operations, est une fusée mono-étage expérimentale. Elle mesure 13 mètres de haut pour un peu plus d'un mètre de diamètre, et pèse environ 4 tonnes au décollage. Malgré son échelle réduite, elle embarque toutes les fonctions d'un futur premier étage réutilisable.
Son moteur cryotechnique, alimenté à l'hydrogène et à l'oxygène, est fourni par l'agence japonaise. Le démonstrateur doit pouvoir monter à plus de dix kilomètres d'altitude, avant d'effectuer une manœuvre complexe pour se retourner et revenir se poser sur une aire d'atterrissage voisine de son pas de tir. Une technique dite de « toss-back », celle qu'utilise SpaceX pour récupérer le premier étage de sa fusée Falcon 9.

Callisto est conçu pour voler une dizaine de fois. Mais il n'a pas vocation à devenir un lanceur opérationnel : il doit permettre de maîtriser le retour d'un étage, les opérations de remise en état entre deux vols et de chiffrer précisément le coût d'un futur lanceur européen dont le premier étage serait réutilisable.
Le calendrier a pris du retard. Un premier vol était envisagé pour 2020, puis 2023 et 2024. Selon le CNES, la campagne d'essais qui s'ouvre aujourd'hui en Guyane se poursuivra jusqu'en 2027, avant l'arrivée du véhicule de vol.
L'enjeu est de taille. Face à SpaceX, qui réutilise depuis des années les premiers étages de ses fusées, l'Europe cherche à combler son retard. Callisto est l'une des briques qui doivent permettre la transition entre Ariane 6, qui a effectué son premier vol en juillet 2024, et le futur lanceur européen de nouvelle génération. Il préfigure aussi Themis, un autre démonstrateur d'étage réutilisable, plus proche d'un étage opérationnel.





