Salon des maires de Guyane : un dossier urgent, les déchets

Le Salon des maires de Guyane ouvre ses portes ce mercredi, pour deux jours, au stade René-Long de Saint-Laurent-du-Maroni. Une première : le rendez-vous a quitté le PROGT de Matoury. L'entrée est libre et gratuite. Au cœur des débats, la gestion des déchets, à laquelle cinq des huit tables rondes sont consacrées, dans un contexte budgétaire tendu pour les communes.

Par La rédaction PÉYI · 28/10/2026

© Radio Télé Péyi
Partager

Le temps presse. La décharge des Maringouins, à Cayenne, doit fermer d'ici 2028, et le projet censé prendre le relais est bloqué par la justice. Face à cette impasse, plusieurs pistes sont à l'étude, explique Michel-Ange Jérémie, président de l'Association des maires de Guyane (AMG).

« Certains préconisent un groupement de coopération entre les intercommunalités pour l'échange des déchets. D'autres parlent de syndicats des déchets, comme cela se fait dans l'Hexagone ou aux Antilles. Pourquoi pas ? », avance-t-il. 

Ces propositions seront soumises aux élus, la décision revenant à chaque intercommunalité. L'enjeu dépasse un seul territoire, insiste le président de l'AMG : « Si on ne trouve pas de solution, ce n'est ni la CACL ni la CCDS, c'est l'ensemble de la Guyane qui ne pourra pas gérer ses déchets. » Pas question, selon lui, de tout reporter sur Saint-Laurent, dont les capacités ne doivent pas être saturées. Le préfet doit d'ailleurs assister au salon.

Une nouvelle méthode réclamée à la CTG

Les maires ont aussi un nouvel interlocuteur à la Collectivité territoriale, avec l'élection lundi de Jean-Paul Fereira. Michel-Ange Jérémie, qui a échangé avec lui avant son élection, attend un changement de méthode. Sa proposition : une enveloppe annuelle dédiée aux communes, répartie de façon concertée.  

« Qu'il y ait vraiment un échange transparent avec les communes, une autre méthode de travail avec l'AMG. Avec Gabriel Serville, on avait de bonnes relations, mais je voudrais aller plus loin. Par exemple, si la CTG décide de débloquer une enveloppe de 10 millions d'euros pour les communes, on se réunit avec l'ensemble des maires pour définir les projets prioritaires, et non à la tête du client », explique-t-il. 

Les communes déposeraient chaque premier semestre un dossier d'aide à l'investissement, pour de gros équipements par exemple, afin de compléter des plans de financement sur lesquels beaucoup de maires butent. L'objectif : que chaque commune voie au moins un projet financé dans l'année.

Des motions anciennes et nouvelles

Pendant ces deux jours, les maires adopteront aussi des motions. Certaines reviennent d'une année sur l'autre, comme le recensement ou la route du fleuve, faute de suivi d'un gouvernement à l'autre : 

« Nous sommes confrontés à une valse des ministres des Outre-mer depuis la dissolution. Chaque ministre passe, mais il n'y a pas de passation », regrette Michel-Ange Jérémie.

Les maires réclament notamment la pérennisation des 15 millions d'euros destinés à la construction des écoles, issus des accords de Guyane, au-delà de 2028 : « Chaque ministre nous dit d'accord, mais on n'a aucun document écrit. »

D'autres sont nouvelles. Avec la hausse des températures, les élus demanderont une dotation spécifique pour améliorer le confort thermique des bâtiments publics, notamment des écoles. Une motion concernera aussi Camopi, dont le maire souligne que la commune, située en zone de droits d'usage collectifs, dispose de faibles ressources fiscales.

Les conclusions du salon seront portées fin novembre à Paris, lors du Congrès des maires de France.

PODCAST : Invité du 7h - Michel-Ange Jérémie

Dernières actualités

Radio Péyi
En direct
Grille des programmes