Brésil

Flávio Bolsonaro, de la défaite aux ennuis judiciaires

En 48h, Flávio Bolsonaro est passé du statut de favori à celui de candidat battu, puis de justiciable. Arrivé en tête du premier tour, le fils aîné de l'ancien président Jair Bolsonaro a perdu dimanche 25 octobre face à Lula, avec 48,21 % des voix. Après avoir contesté le résultat, il a fini par s'incliner, avant d'être privé de ses passeports et interdit de quitter le Brésil.

Par La rédaction PÉYI · 27/10/2026

© AFP
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« Impossible d'accepter le résultat »

La victoire de Lula historique : depuis la fin de la dictature brésilienne aucun candidat arrivé en tête au 1er tour n'avait perdu au second. Le 4 octobre, Flávio Bolsonaro est arrivant en tête du premier tour avec 47,03 % des voix. Trois semaines plus tard, il s'est incliné face à Lula : 59,8 millions de voix contre 64,3 millions, soit 48,21 % contre 51,79 %.

Dimanche soir, le sénateur a d'abord refusé de reconnaître le résultat. Il a jugé « impossible d'accepter le résultat de ces élections » et annoncé qu'il demanderait l'annulation du scrutin. Il dénonçait la décision d'un juge de la Cour suprême de prolonger de deux heures le vote dans certains bureaux. Selon le Tribunal supérieur électoral, seuls 34 300 votes environ ont pourtant été enregistrés après 17 heures, bien loin des 4,4 millions de voix d'écart.

Lundi, son parti, le Parti libéral, a officiellement reconnu la victoire de Lula. Flávio Bolsonaro a renoncé à demander l'annulation de l'élection, mais annonce vouloir contester l'élection du ticket Lula-Alckmin pour abus de pouvoir économique.

Passeports confisqués, interdiction de quitter le Brésil

Le même jour, nouveau coup dur. Flávio Bolsonaro affirme avoir été interpellé par la Police fédérale à la sortie du domicile de son père, à Brasília, et sommé de remettre ses passeports. Sur décision du juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes, il a désormais l'interdiction de quitter le pays, et son passeport diplomatique de sénateur est annulé. La décision lui interdit aussi tout contact avec l'avocat Willer Tomaz.

Selon les médias brésiliens, le sénateur est visé par une enquête pour des soupçons de blanchiment d'argent. Il conteste ces accusations et dénonce une tentative d'intimidation. Il affirme que la décision repose sur des propos de son frère Eduardo, selon lequel il devait quitter le pays en cas de défaite. 

« Je n'ai jamais dit ça. Est-ce un motif pour me retirer mon passeport ? Est-ce la justice ? », a-t-il protesté, annonçant qu'il ferait appel.

Vers la tête de l'opposition


Malgré la défaite, Flávio Bolsonaro n'entend pas quitter la scène. Dans une vidéo publiée lundi, il a remercié les près de 60 millions de Brésiliens qui ont voté pour lui et promis d'organiser l'opposition pour faire du Congrès une « forteresse » face au gouvernement. Selon ses proches, il reconnaît avoir obtenu moins de voix que son adversaire, mais estime ne pas avoir combattu à armes égales.

Âgé de 45 ans, sénateur de l'État de Rio de Janeiro depuis 2019, Flávio Bolsonaro avait été désigné par son père, lui-même condamné et inéligible, pour porter les couleurs de la droite bolsonariste. Son score, proche de celui de Jair Bolsonaro en 2022, confirme le poids de ce camp dans un pays toujours coupé en deux. Reste à savoir si ses démêlés judiciaires lui permettront d'en conserver le leadership.

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