50 ans de France-Guyane : retour sur cinq décennies d’histoire de la presse écrite locale
Né le 8 mai 1976, France-Guyane célèbre cette année son 50ᵉ anniversaire. De l’hebdomadaire au quotidien, puis du papier au numérique, le journal a traversé plusieurs transformations et une importante crise en 2020. Redevenu hebdomadaire sur le web puis dans les kiosques depuis 2023, le titre entend poursuivre son histoire et s’adapter aux nouveaux usages de la presse.
Par Etienne Cornec · 28/09/2026

Le premier numéro de France-Guyane paraît le 8 mai 1976. En cinq décennies, le journal connaît plusieurs évolutions de rythme de publication : d’abord hebdomadaire, puis trihebdomadaire, avant de devenir quotidien en 1995.
Une histoire marquée par les mutations du paysage médiatique guyanais, mais aussi par une période particulièrement difficile. En janvier 2020, le titre est placé en liquidation judiciaire. Trois mois plus tard, après un élan de solidarité locale, une reprise d’activité par le groupe de Xavier Niel permet au journal de renaître, d’abord sous une forme hebdomadaire sur le web. Le papier fait finalement son retour en 2023. Depuis, les lecteurs peuvent retrouver France-Guyane chaque jeudi.

L'anniversaire du journal a été célébré vendredi soir à la Maison des Cultures et des Mémoires Guyanaises, à Rémire-Montjoly. Avec une équipe aujourd'hui restreinte, la rédaction mise notamment sur la diversification et le développement numérique.
Pour Béatrice Cléon, directrice générale du groupe France Antilles et France-Guyane, cette transformation accompagne une évolution économique favorable. La dirigeante souligne également la présence importante du titre sur le numérique et les réseaux sociaux :
« L'équipe travaille à s'adapter, à apporter une information qui correspond aux différents besoins et aux différents publics. France-Guyane s'en sort parce que France-Guyane est une petite équipe qui travaille également beaucoup sur la diversification. »

Face aux difficultés rencontrées par la presse traditionnelle, elle estime que le journal a su prendre le virage numérique.
L'objectif affiché est désormais de consolider cette trajectoire et d'éviter une nouvelle crise comme celle traversée en 2020. « Nous œuvrons pour que ça ne se reproduise pas. […] », assure la directrice générale.
Des souvenirs de rédaction
« Pour moi, c'était vraiment une famille. On était très soudés. », se souvient Kerwin Alcide, qui y a travaillé de 1989 à 2016. Le journaliste guyanais fait partie de ceux qui ont marqué l'histoire du journal. Entré comme pigiste, il a progressivement évolué jusqu'au poste de rédacteur en chef adjoint. Pour lui, les années passées à France-Guyane restent associées à une forte cohésion entre les journalistes.

Il se souvient notamment d'une période où les transports publics étaient en grève alors que Jacques Chirac était en visite en Guyane. Une scène qu'il a conservée en mémoire, comme beaucoup d'autres moments vécus dans la rédaction.
Le journaliste raconte également une rencontre avec le footballeur Florent Malouda, alors installé à Chelsea. Alors que le joueur s'exprimait peu dans les médias français, Kerwin Alcide décide de se rendre à Londres pour l'interviewer :
« France-Guyane a payé un billet d'avion, je suis allé le voir à Londres, on a fait quatre pages d'interview qui ont été reprises dans pleins de médias nationaux »
50 Unes pour raconter 50 ans de Guyane
Pour marquer cet anniversaire, France-Guyane a également publié un hors-série consacré à ses 50 années d'histoire, à travers une sélection de Unes marquantes. Son rédacteur en chef, Pierre Rossovich, qui a scruté de nombreuses archives en retient notamment trois :
La première est celle du 28 mars 2017, au lendemain de la grande mobilisation en Guyane. Le journal avait titré « 20 000 frères ».
La deuxième est celle du retour du journal papier, en février 2023, avec un dessin de Pancho et un titre particulièrement symbolique : « Heureux de vous retrouver. »

Enfin, Pierre Rossovich cite une Une consacrée à la victoire de la sélection guyanaise de football face au Honduras en 2015.
« On avait titré “A Nou Ki Doko”. Et cette Une-là, je l'ai encadrée dans la rédaction, parce que c'était une Une qui me tenait à cœur. »
À travers ses archives, France-Guyane raconte aussi cinq décennies de vie politique, sociale, sportive et culturelle du territoire. Pierre Rossovich évoque notamment les personnalités et les événements qui ont traversé les pages du journal au fil des années :
« La mort de Gasson Bonnerville, la mort de Damas, la mort de Bernard Inglis, Tonton Jo, Manserhot, Tati Léodate… tous ces personnages de la Guyane qu'on voit passer à travers nos colonnes. »
Un hors-série disponible dans les points de vente
Pour célébrer cet anniversaire, le hors-série spécial 50 ans, consacré notamment aux archives et aux Unes emblématiques du journal, est disponible dans les points de vente habituels de France-Guyane.





