Société

Coupure d'eau : la SGDE raconte le sabotage de son réseau

Une semaine après les coupures d'eau prolongées qui ont privé des milliers d'habitants de la CACL d'eau au robinet et contraint l'hôpital de Cayenne à déclencher un plan blanc, la distribution est revenue à la normale. Pour la Société guyanaise des eaux (SGDE), l'origine du problème ne fait aucun doute : des vannes ont été volontairement fermées sur son réseau. Des « actes malveillants » qui ont aussi endommagé les installations, selon l'entreprise.

Par La rédaction PÉYI · 31/10/2026

© Radio Télé Péyi
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Plusieurs vannes jalonnent la RN2, entre l'usine de la Comté et Matoury. Selon la SGDE, deux d'entre elles, situées sur les canalisations qui acheminent l'eau depuis l'usine, ont été fermées,  explique Cristophe Dalphrase, directeur des exploitations de la SGDE : 

« L'eau qui partait de l'usine de la Comté a buté contre les vannes fermées et a fait monter la pression dans les canalisations. Heureusement qu'on avait une décharge, une soupape de sécurité, sinon les canalisations auraient explosé »

Une opération qui, selon lui, ne s'improvise pas. Pour ces manœuvres, il faut bien connaître le fonctionnement, selon le directeur : 

 « Les regards sont au moins à 10 ou 15 mètres de la chaussée, dans la végétation. Il faut pouvoir lever les tampons avec des outils spéciaux, et il faut une échelle pour accéder aux vannes, à trois mètres de profondeur. » 

L'usine de Matiti en renfort, mais pas suffisante

Lorsque l'usine de la Comté ou ses canalisations rencontrent des difficultés, celle de Matiti peut prendre le relais. Mais cette fois, l'ampleur des coupures a dépassé ses capacités. Sur les 36 000 m³ consommés chaque jour sur le territoire de la CACL, l'usine de la Comté en produit 28 000. « Nous avons ouvert l'usine de Matiti sur le reste de l'île de Cayenne, mais elle ne peut pas assurer à elle seule toute la production et la consommation », explique Cristophe Dalphrase :  

« Elle peut limiter la casse, mais sur la durée, comme nous n'étions pas en capacité de produire à partir de la Comté, ça n'a pas suffi pour éviter que les réservoirs se vident. » 

En temps normal, Matiti alimente Macouria, les secteurs de la RN1, Soula et Maillard, jusqu'aux réservoirs de Petit-Matoury.

Le surpresseur de Stoupan visé à son tour

À Stoupan, un surpresseur permet d'accélérer le transit de l'eau entre la Comté et les abonnés. Avec les réservoirs de Matoury vidés, il fonctionnait en continu pour les remplir plus vite et rétablir la distribution vers Matoury et Baduel. Mais il a lui aussi été la cible d'actes malveillants, selon la SGDE : 

« Les vannes altimétriques ont été manœuvrées, ce qui fait qu'on n'a pas pu ouvrir l'arrivée d'eau sur ce surpresseur pour alimenter plus rapidement les réservoirs de Matoury. Ça a rallongé les délais de remise à niveau des installations avant la réalimentation des habitants. »


Des actions malveillantes en pleine grève

Ces coupures sont survenues en plein conflit social à la SGDE. À l'appel de l'UTG, les grévistes dénoncent notamment 29 postes vacants, des conditions de travail dégradées et ce qu'ils qualifient d'« ingérence » du groupe Suez, maison mère de l'entreprise. Ils ont bloqué les accès aux sites de Montabo et de Baduel.

Pendant plusieurs jours, des milliers de foyers de Cayenne, Matoury et Montsinéry-Tonnegrande ont été privés d'eau ou ont subi d'importantes baisses de pression. Le centre hospitalier de Cayenne a dû déclencher un plan blanc lundi 26 octobre : opérations non urgentes déprogrammées, consultations réduites, patients invités à rentrer chez eux. Le plan blanc a été levé le mercredi 28 octobre, avec le retour progressif de l'eau.

Le préfet a dénoncé « un acte de sabotage grave », et la SGDE a déposé plainte contre X. Les auteurs n'ont pas été identifiés à ce stade. Depuis le début des coupures, l'UTG-SGDE, de son côté, « dément formellement toute implication ».

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