La Toile des Palmistes fête sa 10e édition à Cayenne
Le festival de cinéma en plein air La Toile des Palmistes a ouvert jeudi soir sa 10e édition à Cayenne. Jusqu'à samedi, 43 films venus du monde entier, sélectionnés parmi plus de 140 reçus, sont projetés gratuitement place des Palmistes et au cinéma Eldorado. L'acteur guyanais Stany Coppet est l'invité d'honneur de cette édition anniversaire.
Par La rédaction PÉYI · 30/10/2026

Né en 2012, le festival se tenait d'abord tous les deux ans, avant de devenir annuel en 2020. Il veut aussi faire naître des films : son concours de courts-métrages, ouvert aux amateurs, impose une seule règle, un film de trois minutes maximum tourné en Guyane. Les dix meilleurs sont projetés ce vendredi soir sur la place.
Chaque film à sa place
En plein air ou en salle, la répartition des films n'est pas le fruit du hasard. Place des Palmistes, chaque soirée débute par une programmation jeunesse. « On invite tout le monde à regarder, parce que ce sont des films assez chouettes, qui viennent souvent d'Amérique latine. On n'a pas forcément l'habitude de voir de l'animé qui vient du Pérou, du Mexique ou de Colombie », souligne Nadine Bugnot, directrice du festival.
La place accueille surtout des courts-métrages, tandis que les longs-métrages sont projetés au cinéma. « La place est un endroit vivant, on peut faire des allers-retours. Pour un long-métrage, ça peut gêner s'il y a trop de mouvement et de bruit », explique-t-elle. Certains sujets, plus durs, sont aussi réservés à la salle, comme le film Mûr, qui plonge dans la tête d'un pédocriminel : « C'est un sujet très peu traité au cinéma, mais qu'on ne peut pas montrer à tous les publics sur une place publique. » Le festival met également en valeur des films tournés en Guyane.
Stany Coppet, un modèle pour les jeunes talents
Pour cette 10e édition, le festival a choisi de mettre à l'honneur un acteur guyanais. Stany Coppet, passé par des séries Netflix et le long-métrage La Vie pure, donnera une masterclass samedi matin. « On avait vraiment envie de recentrer sur nos talents. Le nom de Stany Coppet est vite arrivé : c'est un acteur du territoire, dont la carrière rayonne au-delà de la Guyane », explique Nadine Bugnot. Un choix qui se veut aussi un message :
« C'est important en termes de modèles, de montrer qu'on peut venir d'ici, d'un endroit où on n'a pas forcément un accompagnement très solide au niveau de la formation, aller se former ailleurs sans oublier son territoire, et faire une carrière tout à fait intéressante. »
Un tremplin pour les talents de demain
En dix éditions, le festival a déjà révélé des artistes comme Quentin Chantrel ou Marvin Yamb. « C'est un tremplin. L'idée, c'est vraiment de se faire connaître, parce que ce n'est pas forcément évident », souligne la directrice.
Cette année, une rencontre professionnelle consacrée à l'émergence permet de présenter les dispositifs d'accompagnement. Elle propose aussi une forme de « mentorat express » aux porteurs de projets qui n'osent pas encore solliciter un fonds de soutien à la création. « Ils ont besoin d'un petit dialogue, d'un petit retour. Ce moment d'écoute peut se prolonger à l'issue des rencontres », explique Nadine Bugnot.
Le festival jouera les prolongations le samedi 7 novembre à Rémire-Montjoly, puis, pour la première fois, à Macouria, à une date encore à préciser.





