Service national : les premiers pas des jeunes engagés guyanais
Ils sont 21 en Guyane à intégrer la première promotion du nouveau service national. Âgés de 18 à 25 ans, ces jeunes volontaires ont signé mercredi 2 septembre leur contrat avec le 9e régiment d’infanterie de Marine à Cayenne. Pendant 10 mois, ils vont découvrir la vie militaire, sa discipline et le fonctionnement d’un régiment.
Par Florian Royer · 03/09/2026

Maripasoula, Saint-Laurent-du-Maroni, Roura, Matoury… Les jeunes engagés viennent de plusieurs communes de Guyane. Réunis sur la place d’Armes du 9e RIMa, à la Madeleine, ils découvrent les premiers rudiments de la vie militaire.
Après la signature de leur contrat, vient un moment symbolique : la remise du paquetage. Les vêtements civils sont progressivement remplacés par la tenue militaire, marquant le début d’une nouvelle étape pour ces jeunes volontaires.
Lauralie, 18 ans, originaire de Roura, a choisi de s’engager dans les pas de plusieurs membres de sa famille :
« Dans ma famille, ça fait un moment qu’ils s’engagent. Du coup, j’ai voulu suivre les pas. Il y a mes frères, des tontons, mon père aussi qui a arrêté récemment. »
Découvrir l’armée avant de choisir sa voie
Pour Stevenson, 21 ans, originaire de Matoury, l’objectif est différent. Il souhaite profiter de ces 10 mois pour savoir s’il souhaite poursuivre dans l’armée. Une expérience qui, dès les premiers jours, semble correspondre à ses attentes.
« Je suis là parce que je veux découvrir le quotidien d’un militaire pour savoir si je pourrais m’engager après, oui ou non. On a pu voir différents grades et on nous a expliqué ce qu’on va faire durant cette période et les différents horizons qu’on va découvrir. »
Pour le colonel François Couture, chef de corps du 9e RIMa, ce dispositif constitue avant tout une porte d’entrée vers l’univers militaire, sans avoir pour objectif final de recruter systématiquement ces jeunes à l’issue de leur contrat :
« Les engagés verront ensuite s’ils apprécient ou non l’exercice. Ils font un contrat de dix mois et à l’issue, il y a trois grandes possibilités. »
Certains pourront quitter l’armée avec cette expérience, d’autres choisiront de rejoindre la réserve. Les plus motivés pourront également envisager un engagement dans les unités d’active, avec une nouvelle formation pour apprendre un métier militaire.

Une rupture avec la vie civile
Après les formalités, les jeunes engagés ont rejoint Saint-Jean-du-Maroni pour leurs premiers jours d’immersion dans la vie en régiment.
Le changement est important : rythme quotidien imposé, vie en collectivité, discipline et emploi du temps minuté. Une véritable rupture avec les habitudes de la vie civile, explique le colonel François Couture.
« C’est une étape qui est quasi initiatique. Tous les militaires l’ont vécu. Tout le monde passe un moment où nous sommes en civil dans sa famille et tout d’un coup, on passe le portail d’un régiment, d’une unité. »
Les jeunes vont notamment devoir apprendre à se lever à heure fixe, se préparer rapidement et respecter un emploi du temps strict.
« On va les mettre sur une vie en collectivité avec des gens qu’ils n’ont absolument pas choisis. Donc ça, c’est compliqué, mais c’est le même trauma que celui que franchit chacun des militaires qui s’engagent. »
Pour cette première promotion guyanaise, ces 10 mois seront donc l’occasion de découvrir un nouvel environnement, d’acquérir de la discipline et, pour certains, de confirmer une éventuelle vocation militaire.
À noter : durant leur contrat de dix mois, les jeunes engagés percevront une solde de 800 euros par mois.





