Justice

Trafic de migrants syriens : huit ans de prison pour le chef présumé d’une vaste filière

Un ressortissant syrien de 36 ans a été condamné jeudi par le tribunal correctionnel d’Épinal, dans les Vosges, à 8 ans de prison ferme pour avoir dirigé un réseau de passeurs permettant à des centaines de migrants syriens de rejoindre la France.

Par Arnaud Behary-Laul-Sirder · 04/09/2026

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Installé à Épinal et dirigeant une société de voyages baptisée « La Sultana Tours », l’homme proposait à ses compatriotes des itinéraires pour rejoindre la France, moyennant des sommes comprises entre 1 000 et 8 000 euros.

Le parcours passait notamment par le Venezuela, puis la Guyane française, avant une arrivée en France métropolitaine. Selon l’accusation, entre 2021 et 2025, 400 à 500 migrants auraient ainsi été acheminés par cette filière.

Une organisation structurée entre la Syrier, la Guyane et la France

Le trentenaire était poursuivi pour aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour irrégulier d’étrangers en France, en bande organisée. Des faits qui auraient été commis entre janvier 2021 et août 2025 et pour lesquels il encourait jusqu’à 10 ans d’emprisonnement.

Le tribunal a plutôt suivi les réquisitions du parquet et prononcé une peine de 8 ans ferme. L’homme devra également verser 400 000 euros d’amende et fait l’objet d’une interdiction définitive du territoire français.

L'enquête avait débuté en octobre 2025, après un renseignement transmis à l’Office de lutte contre le trafic illégal de migrants de Metz. Les investigations avaient alors mis au jour une filière organisée depuis Épinal.

« Une des plus grandes filières d’immigration de Syriens »

À l’audience, le procureur Jean-Emmanuel Besset a présenté le prévenu comme le responsable d’un réseau d’une ampleur particulièrement importante.

« L’une des plus grandes, si ce n’est la plus grande filière d’immigration de Syriens en France. »

Selon le ministère public, 400 à 500 personnes auraient emprunté cette filière entre 2021 et 2025, soit, selon ses estimations, « entre 10 et 15 % de l’immigration » syrienne en France.

Plusieurs migrants entendus au cours de l’enquête ont confirmé avoir eu recours aux services du réseau pour rejoindre le territoire français.

Le prévenu affirme avoir voulu « aider ses compatriotes »

Lors de son procès, le Syrien a reconnu avoir exercé une activité d’agent de voyage, mais a contesté avoir eu conscience de commettre une infraction. « Je suis un citoyen qui a essayé d’aider ses compatriotes. »

Assisté d’un interprète, il a présenté ses excuses à plusieurs reprises et affirmé qu’il ignorait enfreindre la loi.

Installé au Venezuela depuis l’âge de 21 ans pour y étudier le droit, puis passé par le Brésil, il avait finalement rejoint Épinal pour retrouver son épouse. Placé en garde à vue début juillet, il avait ensuite été incarcéré en détention provisoire avant son procès.


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