Un enseignant se suicide après une procédure judiciaire : ses collègues interpellent le rectorat
Les enseignants du lycée Lumina Sophie de Saint-Laurent-du-Maroni se sont mobilisés ce mercredi 22 septembre après le suicide, le 10 septembre dernier, de leur collègue professeur d’histoire-géographie, Clément Roblin.
Par Etienne Cornec · 22/09/2026

Le personnel réclame des explications au rectorat sur la gestion de sa situation administrative et dénonce un manque d’accompagnement dans les semaines précédant le drame.
Une communauté éducative toujours sous le choc
Au-delà des interrogations concernant la gestion administrative du dossier, les enseignants disent rester profondément marqués par la disparition de leur collègue. Le syndicat SNUEP-FSU décrit Clément Roblin comme un enseignant très investi dans son métier et apprécié de ses collègues et de ses élèves :
« Ses collègues d'histoire-géo et ses proches sont véritablement très affectés par sa disparition et par le fait qu'il ait mis fin à ses jours. »
Une réintégration qui suscite l’incompréhension
Le professeur faisait l’objet, depuis la fin de l’année scolaire, d’une procédure judiciaire après le dépôt d’une plainte pour des faits d’agression sexuelle présumés sur une jeune fille. Selon les éléments communiqués par les enseignants, les faits se seraient déroulés dans l’enceinte de l’établissement. Une première plainte aurait été déposée fin juin, avant que l’affaire ne soit relayée sur les réseaux sociaux à la rentrée.
Selon le SNUEP-FSU, l’enseignant avait été réintégré dans l’établissement en septembre alors que l’enquête judiciaire était toujours en cours. Le syndicat affirme également que le parquet avait émis un avis défavorable à cette réintégration.
Pour Benoît Gendron, professeur d’anglais et co-secrétaire académique du SNUEP-FSU, cette décision soulève de nombreuses interrogations. Le syndicaliste estime que cette situation a contribué à créer un climat particulièrement difficile au sein du lycée.
« Il y a une grande incompréhension dans la gestion par notre administration, donc par notre hiérarchie, le rectorat en l'occurrence, au niveau de la réintégration de notre collègue. Nous ne comprenons pas comment il a été possible, avec un avis défavorable quant à sa réintégration de la part du parquet, que le collègue ait été réintégré. »
Des demandes d’explications au recteur
Les enseignants demandent désormais au rectorat de s’expliquer sur les décisions prises dans ce dossier. Ils réclament notamment la venue du recteur au lycée Lumina Sophie afin d’échanger directement avec la communauté éducative.
Le SNUEP-FSU demande également un accompagnement administratif, psychologique et juridique des personnels confrontés à ce type de situation. Benoît Gendron insiste sur les interrogations qui demeurent au sein de l’établissement :
« Qu'ont fait les services du rectorat ? C'est les réponses que nous voulons que le recteur nous apporte. »
Contacté, le rectorat de Guyane n’a, pour l'instant, pas souhaité faire de commentaire.





