Jean-Yves Tarcy, le président de la Chambre d’agriculture de Guyane en garde à vue à Paris
Mercredi 14 décembre, une centaine de militants de la Confédération paysanne ont réussi à pénétrer dans une annexe du ministère de l’Agriculture à Paris, qu’ils ont occupée pendant environ une heure. Selon la préfecture de police, 50 personnes ont été interpellées pour « trouble à l’ordre public » et plusieurs délits. Parmi elles, se trouvaient les trois porte-parole nationaux de la Confédération paysanne ainsi que Jean-Yves Tarcy, président de la chambre d’agriculture de Guyane.
« Ces hommes et ces femmes ont agi dans un cadre revendicatif qui relève de l’expression démocratique et du dialogue social », souligne le communiqué de l’Association des Maires de Guyane, qui appelle à la libération immédiate des militants tout comme le conseil municipal de Montsinéry-Tonnegrande dont il est adjoint au maire.
Une mobilisation contre le "mépris" du gouvernement
Les manifestants dénoncent notamment l’accaparement des subventions par un petit nombre d’exploitants et d’agroindustriels, et les conséquences des accords internationaux, comme l’accord UE-Mercosur, sur les agricultures d’Outre-mer.
« Criminaliser la colère agricole ne fera pas taire la réalité coloniale », affirme le GRAGE, syndicat agricole présidé par Jean-Yves Tarcy. « Ces femmes et ces hommes ont manifesté sans violence pour défendre leur droit fondamental à vivre de leur travail et assurer la sécurité alimentaire de leurs territoires. »
Le député Davy Rimane et les élus locaux ont également exprimé leur solidarité. Les Maires de Guyane soulignent que « rien ne saurait justifier une réponse répressive d’une telle ampleur à l’encontre de responsables professionnels et syndicaux reconnus ».
Les suites envisagées par le gouvernement
Le ministère de l’Agriculture, tout en reconnaissant la légitimité de la colère des agriculteurs, a précisé que des délits avaient été constatés et qu’une plainte avait été déposée. Des mesures avaient déjà été annoncées depuis décembre pour répondre aux tensions dans le secteur, et le ministre Sébastien Lecornu a promis une « loi d’urgence agricole » au Parlement avant l’été, portant sur l’eau, la prédation et les moyens de production.
La FNSEA souligne néanmoins sur RTL que « la situation économique dans les exploitations ne permet pas d’envisager l’avenir », malgré les annonces gouvernementales. Les manifestations d’agriculteurs se multiplient depuis début décembre, entre Paris et les territoires d’Outre-mer. « Les problématique en Outre-mer sont accentuées, difficiles de faire entendre notre voix à 8 000 km, on ne peut tous embarquer