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Carburants : le collectif Stop vie chère hausse le ton face à la flambée des prix au mois de mai

Réuni jeudi soir à Cayenne, le collectif Stop vie chère a dénoncé la nouvelle hausse des prix du carburant et la lenteur des réponses apportées par les pouvoirs publics. Ses membres appellent désormais à une mobilisation populaire pour faire baisser le coût de la vie en Guyane.

  • Par: adminradio
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Le collectif Stop vie chère a organisé jeudi 30 avril une réunion publique à l’Accordeur, à Cayenne, devant une quarantaine de personnes. L’occasion de dresser le bilan des échanges menés depuis sa création en octobre 2024 avec les services de l’État, les collectivités et les acteurs de la grande distribution.

Au cœur des discussions : l’inflation sur les produits du quotidien et la hausse du prix des carburants, désormais au-dessus de deux euros le litre. Une augmentation jugée insupportable par Yvane Goua, membre du collectif et porte-parole de l’association Trop Violans. Pour la militante, seule une mobilisation d’ampleur peut faire bouger les lignes, à l’image du mouvement social de 2017 : 

« On a voulu changer les choses autrement, en discutant avec les élus, avec la collectivité, avec le représentant de l’État. Mais en fait, non. Donc la rue va s’organiser. Il n’y a que ça qui a fait que la population guyanaise a été respectée. La rue, on n’a jamais rien refusé à la rue »

© Collectif Stop Vie Chère

Des pistes pour faire baisser les prix : une dérogation pour importer depuis les pays voisins ?

Le collectif avance plusieurs propositions : revoir l’assiette de l’octroi de mer, réduire le coût du fret maritime, adapter certaines réglementations aux réalités ultramarines ou encore mieux encadrer les marges.

« Ça coûte cher de se nourrir en Guyane. Ça coûte cher de manger sainement avec les légumes et les fruits », souligne Yvane Goua. « On ne comprend pas pourquoi les mêmes produits sont beaucoup plus chers ici que dans l’Hexagone. Ce n’est pas normal. »

Elle dénonce également les écarts encore plus marqués dans les communes de l’intérieur : « On accepte que Maripasoula, Papaïchton ou Camopi paient des prix multipliés par dix. Pourtant, les habitants n’y gagnent pas plus que nous. »

© Collectif Stop Vie Chère

Le collectif réclame aussi une réflexion sur l’approvisionnement en carburant depuis les pays voisins du plateau des Guyanes, où les prix sont nettement plus bas, rappelle Yvane Goua :

« Au Suriname, le gazole est autour de 1,20 euro, contre 2,19 euros en Guyane. On nous impose des normes européennes, mais la Guyane doit être un territoire de dérogation. Il serait temps de penser à des adaptations. »

Selon elle, la situation actuelle relève d’une incohérence : « Les habitants de Saint-Laurent vont faire le plein au Suriname et leurs voitures ne tombent pas plus en panne que les autres. Il est temps d’arrêter cette hypocrisie. »

Le collectif Stop vie chère annonce vouloir poursuivre ses actions dans les quartiers, les communes de l’intérieur et auprès des habitants afin d’élargir la mobilisation contre la vie chère en Guyane.