16 ans après, Roxane continue de chercher sa mère disparue à Cayenne
16 ans après la disparition de Chantal Patour à Cayenne, sa fille Roxane poursuit ses recherches. Avec l’association A.L.E.R.T., spécialisée dans les personnes disparues, elle relance un appel à témoins en Guyane, dans l’espoir de faire émerger de nouveaux éléments.
Par Victor Zammit · 14/09/2026

Chantal Patour avait 56 ans lorsqu’elle a disparu, un matin de juillet 2010, à Cayenne. Depuis, aucune trace de cette mère de famille n’a été retrouvée et l’enquête n’a jamais permis d’établir ce qui lui est arrivé.
16 ans plus tard, sa fille Roxane refuse pourtant d’abandonner. Elle espère notamment que la médiatisation de l’affaire permettra de faire ressurgir des souvenirs ou de recueillir le témoignage d’une personne qui aurait vu ou entendu quelque chose à l’époque.
« Le but, c’est de réveiller les mémoires, même si c’était il y a quelques années maintenant. »
Un combat qui s’inscrit dans la durée
Pour Roxane, les premières années qui ont suivi la disparition ont été particulièrement difficiles. Elle raconte avoir rapidement constaté que les contacts avec les enquêteurs et les informations concernant le dossier se faisaient de plus en plus rares. Au fil du temps, la famille a dû prendre elle-même en charge une partie des recherches et de la communication autour de la disparition :
« On se rend compte progressivement que plus personne ne travaille sur le dossier. Et puis par la suite, en fait, on se débrouille. »
Roxane estime aujourd’hui que l’accompagnement d’associations spécialisées aurait pu lui être précieux dès les premières heures. « J’aurais aimé connaître l’ARPD et avoir, par exemple, l’association A.L.E.R.T. à l’époque pour tout de suite prendre contact avec eux, parce que les premières minutes, les premières heures, c’est vraiment celles qui sont les plus importantes. », regrette la fille de Chantal Patour.
Des témoignages, des traces qui peuvent encore surgir ?
L’association A.L.E.R.T. veut justement montrer qu’une disparition ancienne ne signifie pas nécessairement la fin des recherches. Selon sa fondatrice, Marine Bou, de nouveaux témoignages peuvent apparaître des années, voire des décennies après les faits :
« Après dix ans, on peut toujours aider à retrouver un témoin, quelqu’un qui n’a toujours pas entendu parler de cette disparition et qui, à l’époque, a vu quelque chose. »
Certaines personnes peuvent également décider de parler après avoir été confrontées à plusieurs reprises à un avis de recherche ou à un appel à témoins :
« Certains se disent : “Je ne pensais pas que c’était important”, mais là, j’ai entendu que vous en avez parlé, donc je me livre. »
Pour l’association, relancer régulièrement les appels à témoins permet donc de maintenir l’affaire dans les mémoires et de donner une nouvelle chance aux enquêteurs et à la famille d'obtenir un élément déterminant.
16 ans après sa disparition, sa fille continue donc de chercher des réponses. Le moindre souvenir, même ancien ou jugé insignifiant, peut avoir son importance. Les personnes susceptibles de détenir une information sont invitées à se rapprocher de la police ou de l’ARPD, qui suit le dossier.
Une description toujours nécessaire
Au moment de sa disparition, Chantal Patour avait 56 ans. Elle mesurait 1,62 mètre, avait les cheveux blonds mi-longs, les yeux bleus et une corpulence normale. Elle présentait également deux signes particuliers : des incisives manquantes et une tache de naissance sous le pied gauche.
En Guyane, plusieurs disparitions au fil des années restent également sans réponse, certaines personnes portées disparues n’ayant jamais été retrouvées malgré les recherches engagées.





