Au Sénat, Roger Aron veut accélérer le dossier de l’autonomie
À J-5 des élections sénatoriales, Roger Aron défend sa candidature autour d’un objectif central : faire avancer l’évolution statutaire et l’autonomie de la Guyane. Actuel vice-président de la CTG, il veut mettre son expérience politique et institutionnelle au service d’un futur mandat au Sénat.
Par Victor Zammit · 22/09/2026

À 72 ans, Roger Alain Aron est aujourd’hui l’un des principaux responsables de l’exécutif territorial. Élu à la CTG depuis 2021, il est notamment chargé de l’agriculture, de la pêche, de la souveraineté alimentaire et de l’évolution statutaire. Il a participé aux travaux préparatoires sur l’évolution institutionnelle de la Guyane, notamment aux côtés des experts missionnés par l’État en 2024.
Son parcours mêle responsabilités politiques, engagement militant syndicaliste et expérience professionnelle dans le secteur privé. Il a été conseiller municipal de Matoury et a notamment exercé comme 4e adjoint au maire, chargé de la sécurité, sous Gabriel Serville. Il a également été vice-président de la CACL, avec notamment des responsabilités liées à l’environnement et aux déchets.
« Les outils nécessaires pour représenter la Guyane »
Roger Aron présente cette expérience comme l’un des principaux arguments de sa candidature. Il revendique notamment son passage par différentes institutions et collectivités :
« C’est mon vécu politique, militant. C’est mon vécu au sein des responsabilités que j’ai eues, dans une mairie, dans une EPCI, dans un EPA, comme le SDIS et aujourd’hui la CTG. »
Le candidat fait surtout de l’autonomie de la Guyane le fil conducteur de sa campagne. Il estime que son implication dans les travaux préparatoires lui donne une connaissance approfondie du dossier.
« Le gros sujet, c’est surtout l’évolution du statut de la Guyane. […] J’ai une grande connaissance de ce que nous voulons, sur ce qu’on a décidé, par les élus, par les congrès, de ce que nous voulons pour notre pays. »
La CTG travaille depuis plusieurs années sur un projet d’évolution institutionnelle. En 2024, les travaux préparatoires portaient notamment sur l’hypothèse d’une constitutionnalisation de l’autonomie de la Guyane, avec un cadre spécifique dans la Constitution.
Un relais entre Cayenne, Saint-Laurent et Paris
S’il est élu, Roger Aron souhaite également s’appuyer sur sa suppléante, Anne-Michèle Robinson, pour maintenir un lien avec le territoire. Il annonce notamment vouloir installer deux permanences, à Cayenne et à Saint-Laurent-du-Maroni. « Je pense qu’on peut tous les deux constituer un très bon relais, elle à Cayenne et à Saint-Laurent et moi à Paris. », assure le candidat.
Le candidat souhaite ainsi faire de sa suppléante un véritable relais auprès des collectivités et de la population, et non une simple présence symbolique sur le bulletin.
Des alliances à construire au Sénat
Roger Aron reconnaît par ailleurs qu’un éventuel mandat nécessiterait de construire des alliances au Palais du Luxembourg. Il n’a pas encore arrêté son choix concernant son groupe parlementaire et dit vouloir déterminer ses partenaires en fonction de la configuration du Sénat.
« Il faudra trouver des alliés qui soient d’accord avec nous. […] Il faudrait être très pragmatique. »
Sur l’autonomie, il fixe toutefois une ligne politique : il souhaite que toute évolution institutionnelle conserve un niveau d’ambition conforme aux orientations défendues par les élus guyanais.
« La question de l’autonomie, il n’est pas question de faire marche arrière dessus, ni nous préparer quelque chose super light et puis on dit amen. »
En cas d’élection, Roger Aron entend également reprendre certains dossiers portés ces dernières années par les sénateurs sortants. Il cite notamment la proposition de loi sur les hydrocarbures portée par Georges Patient et les travaux menés par Marie-Laure Phinéra-Horth sur le narcotrafic.
Video : Roger Aron dans l'Invité du 7h





