Du président de la CTG au candidat au Sénat : le nouveau pari de Rodolphe Alexandre
À quelques jours des élections sénatoriales, Rodolphe Alexandre était dans nos studios pour présenter ses priorités. L’ancien président de la Collectivité territoriale de Guyane veut notamment défendre l’octroi de mer, le foncier et une plus grande autonomie fiscale et financière du territoire.
Par Victor Zammit · 25/09/2026

Né à Cayenne en 1953, Rodolphe Alexandre est diplômé d’histoire et de géographie. Il commence sa carrière politique municipale à Cayenne dans les années 1980. Il est successivement conseiller municipal, adjoint au maire, puis maire de Cayenne de 2008 à 2010.
Il préside ensuite la Région Guyane de 2010 à 2015, avant de devenir, lors de la création de la collectivité unique, le premier président de la Collectivité territoriale de Guyane de 2015 à 2021. Il a également présidé la Communauté d’agglomération du Centre Littoral.
Depuis 2021, il siège à l’Assemblée de Guyane dans l’opposition. Il est aujourd’hui candidat aux élections sénatoriales du 27 septembre 2026, pour deux sièges à pourvoir en Guyane.
Trois dossiers prioritaires
Candidat aux sénatoriales, Rodolphe Alexandre met en avant trois dossiers : les finances des collectivités, l’avenir de l’octroi de mer et le foncier prévu dans le cadre des Accords de Guyane. Sur l’octroi de mer, il s’oppose à son remplacement par la TVA et plaide pour une réforme du dispositif. Selon lui, l'enjeu est de préserver une capacité de décision locale en matière fiscale :
« Je me propose de défendre l’octroi de mer, quitte à toiletter l’octroi de mer, quitte à le réformer. Je proposerai autant que je peux auprès des maires, de l'exécutif, des dispositions de travailler ensemble avec les parlementaires. »
Rodolphe Alexandre se dit prêt à défendre au Sénat le projet d’évolution statutaire porté par les élus guyanais. Mais il estime que cette évolution doit, au préalable, s’accompagner de réponses sur le foncier et la fiscalité.
« La première question qu’on doit se poser dans cette évolution statutaire, c’est le foncier pour à la fois produire, aménager, habiter. Et ensuite, c’est la question de la fiscalité. »
Il revendique également la continuité d’un travail politique engagé avant lui sur l’évolution institutionnelle de la Guyane.
Autre dossier annoncé : l’exploitation des hydrocarbures au large de la Guyane. Rodolphe Alexandre entend poursuivre le travail engagé avec l’ancien sénateur Georges Patient, après le rejet à l’Assemblée nationale de sa proposition de loi sur le sujet. Il estime notamment que la méthode doit être réexaminée pour tenter de faire évoluer le cadre législatif issu de la loi Hulot :
« Aujourd’hui, il est certain que je poursuivrai le travail du sénateur Georges Patient pour que véritablement, on aille dans le offshore. Je pense que la méthode n'était peut-être pas parfaite »
Le candidat appelle à un travail collectif avec les autres parlementaires guyanais :
« Il faut peut-être revoir un peu la matrice sans complexe, sans préjugés, revoir la donne. Ou alors faire une sorte de rassemblement collectif pour attaquer la loi Hulot. On ne peut pas honnêtement aujourd'hui voir des petits Koweït qui vont s'établir autour de la Guyane. Et puis nous, on regarde les oiseaux, on regarde l'environnement, la biodiversité, en n'ayant même pas des retombées au niveau des puits de carbone. »
Le choix du groupe RDPI
S’il est élu, Rodolphe Alexandre annonce qu’il rejoindra le RDPI, le Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants. Ce groupe du Sénat se revendique comme inscrit dans la majorité présidentielle et indique soutenir le projet du président de la République, tout en garantissant à ses membres une liberté individuelle de vote.
Le candidat souhaite également intégrer la commission des finances du Sénat, où il entend notamment travailler sur les questions budgétaires et fiscales intéressant la Guyane.
Les 10 candidats aux élections sénatoriales en Guyane : Patrick Lecante, Rodolphe Alexandre, Roger Aron, Hélène Sirder, Rollin Bellony, Jean-Yves Mirakoff, Ronan Malarme, Victor Joseph, Ryan Persaud et Gérard Amayota.
VIDEO : Rodolphe Alexandre, invité du Grand Forum





