Ronan Malarme, une première pour le RN aux sénatoriales en Guyane
Pour la première fois en Guyane, le Rassemblement national présente un candidat aux élections sénatoriales. Chef d’entreprise installé sur le territoire depuis 2020, Ronan Malarme défend une ligne axée sur la décentralisation et la réduction des contraintes administratives imposées aux communes. Il affirme vouloir « rendre le pouvoir aux maires ».
Par Victor Zammit · 24/09/2026

Ronan Malarme est le candidat officiellement investi par le Rassemblement national pour les sénatoriales en Guyane. Une candidature qui n’était pas attendue. Il figure parmi les dix candidats enregistrés pour les deux sièges à pourvoir le 27 septembre prochain. Le scrutin se déroule au suffrage universel indirect, avec un collège électoral composé notamment de délégués des conseils municipaux.
Chef d’entreprise, installé en Guyane depuis 2020, Ronan Malarme indique avoir rejoint le RN il y a environ un an. Il s’agit de sa première candidature à une élection. Le candidat assume par ailleurs de se présenter sous une étiquette politique nationale, alors que plusieurs autres candidats mettent davantage en avant leur ancrage local.
« Rendre le pouvoir aux communes »
Dans sa profession de foi, Ronan Malarme fait de la liberté d’action des communes l'un des axes principaux de sa candidature. Il critique notamment certaines normes nationales qu’il estime inadaptées aux réalités locales. Il cite notamment la loi SRU Solidarité et renouvellement urbain et les obligations en matière de logements sociaux.
« Le but, c'est de pouvoir rendre le pouvoir aux communes et aux collectivités de choisir ce qu'ils font. Si le peuple donne pouvoir à un maire, il doit être le patron de sa commune. »
Ronan Malarme précise toutefois que la suppression des obligations liées à la loi SRU ne signifierait pas, selon lui, la fin du logement social. Il cite notamment Saint-Laurent-du-Maroni, où la part de logements sociaux est déjà importante.
Le candidat prend notamment l’exemple de Camopi, estimant que les mêmes obligations ne peuvent pas nécessairement s’appliquer de la même manière à toutes les communes.
S’il est élu, Ronan Malarme dit également vouloir utiliser les pouvoirs de contrôle et d’enquête du Sénat, notamment pour s’intéresser à l’utilisation des fonds publics en Guyane.
Une vision différente du rôle du sénateur
Alors que plusieurs candidats aux sénatoriales mettent en avant leur volonté de défendre les intérêts de la Guyane à Paris, Ronan Malarme insiste sur les limites du mandat sénatorial. Selon lui, un sénateur ne peut pas directement désenclaver une commune, construire une route ou régler les difficultés quotidiennes des collectivités comme l’annonce ses concurrents :
« L'élection d'un sénateur, ce n'est pas lui qui va vous désenclaver votre ville, ce n'est pas celui qui va refaire vos routes. Il peut conseiller, il peut aider en faisant passer des lois. »
Le candidat met en avant sa candidature comme étant la seule avec une identité politique claire donc une présence au Sénat au sein d’un groupe politique national, afin d’agir sur les textes législatifs. Il explique également avoir choisi de s’installer en Guyane avant son engagement politique :
« Je ne suis pas quelqu'un qui a été parachuté ici par le Rassemblement National. J'ai rejoint le Rassemblement National il y a un an alors que je résidais déjà en Guyane »
Le RN sans grands électeurs identifiés en Guyane
Le Rassemblement national ne dispose actuellement d’aucun élu municipal dans les 22 communes de Guyane. Ronan Malarme affirme néanmoins bénéficier de soutiens locaux, qu’il décrit comme parfois discrets. « On a beaucoup de soutiens qui sont souvent quand même, c'est vrai, plus en off que en déclaration. » Il affirme avoir créé son entreprise avec deux associés guyanais et revendique désormais son ancrage sur le territoire :
« J'ai choisi de venir vivre en Guyane. J'ai monté mon entreprise en Guyane avec deux associés guyanais. Je suis maintenant Guyanais. »
VIDÉO : Ronan Malarme dans l'Invité du 7h :





