Environnement

Pont sur la crique Mataroni : la justice rejette le recours d'associations environnementales

Les associations Maïouri Nature Guyane et Cerato n'ont pas obtenu gain de cause. Le tribunal administratif de la Guyane a refusé, ce mardi 3 novembre, de suspendre l'autorisation accordée par le préfet à l'Office national des forêts (ONF) pour construire un pont sur la crique Mataroni, à Régina. L'ouvrage doit permettre d'accéder à 20 000 hectares de forêt destinés à l'exploitation du bois. Le dossier sera jugé sur le fond au premier semestre 2027, et les travaux ne débuteront pas avant le 15 août 2027.

Par La rédaction PÉYI · 04/11/2026

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Le 29 juillet 2026, le préfet de la Guyane a délivré à l'ONF l'autorisation environnementale nécessaire pour construire ce pont. Les deux associations ont alors saisi le juge en urgence, par une procédure appelée « référé-suspension ». Elle permet de demander la mise en pause d'une décision de l'administration, le temps que la justice examine sa légalité sur le fond.

Les associations, Maïouri Nature Guyane et Cerato, dénoncent notamment les risques pour la biodiversité. Selon elles, l'étude d'impact est incomplète : elle ne porte que sur le pont, sans étudier la piste forestière qui doit le prolonger dans la forêt primaire, ni les effets indirects du projet.

Elles estiment aussi que l'inventaire de la faune et de la flore protégées est insuffisant, et que le projet ne répond à aucune « raison impérative d'intérêt public majeur » justifiant une dérogation à la protection des espèces. Elles redoutent enfin que le chantier puisse démarrer « à tout moment ».

Pas d'urgence, selon le juge

Pour suspendre une décision, le juge doit constater deux choses : une situation d'urgence et un doute sérieux sur la légalité de la décision. Ici, aucune des deux conditions n'est remplie, selon lui.

Les associations espéraient s'appuyer sur une règle qui dispense de prouver l'urgence lorsqu'un projet a reçu un avis défavorable à l'issue d'une enquête publique. Mais le juge l'a écartée : le projet n'avait pas à faire l'objet d'une telle enquête, et les associations n'ont pas démontré qu'une évaluation environnementale complète aurait dû être exigée.

Restait donc à prouver l'urgence. Or, à l'audience, l'ONF a indiqué que tous les appels d'offres n'étaient pas terminés et que « les travaux ne démarreront pas avant le 15 août 2027 ». Le tribunal, de son côté, prévoit de juger le fond du dossier au cours du premier semestre 2027, donc avant le début du chantier. Le juge en conclut que l'urgence n'est « pas actuellement satisfaite ».

Il ajoute qu'en tout état de cause, aucun des arguments des associations n'est de nature à créer « un doute sérieux » sur la légalité de l'autorisation préfectorale, à ce stade de la procédure.

La bataille judiciaire n'est pas terminée

Cette décision ne tranche pas le fond du dossier. Elle signifie seulement que l'autorisation n'est pas suspendue dans l'immédiat. La légalité de l'arrêté préfectoral sera examinée par le tribunal administratif au cours du premier semestre 2027, à la suite du recours principal déposé par les associations.

Les associations disposent par ailleurs de quinze jours pour contester cette décision devant le Conseil d'État. Leur demande de remboursement des frais de justice, fixée à 2 500 euros, a également été rejetée.

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