Sénatoriales : Patrick Lecante veut lever les freins au développement de la Guyane
Candidat aux sénatoriales 2026, Patrick Lecante présente sa candidature autour d’un objectif : permettre à la Guyane de mieux valoriser ses ressources et de lever les blocages qui freinent, selon lui, le développement des filières locales. L’ancien maire de Montsinéry-Tonnégrande souhaite notamment agir sur le bois, la pêche, l’agriculture, l’or et le foncier.
Par Victor Zammit · 21/09/2026

Les grands électeurs guyanais désigneront dimanche les deux prochains sénateurs de la Guyane. Parmi les dix candidats en lice, Patrick Lecante, 63 ans, défend une candidature centrée sur le développement économique et la capacité du territoire à mieux exploiter ses ressources.
La parcours politique de Patrick Lecante est aussi lié à une histoire familiale marquante dans la vie politique guyanaise. Il est le petit-fils de Léopold Héder, ancien député, sénateur, maire de Cayenne et président du Conseil général de la Guyane, figure historique de la gauche guyanaise.
Cette filiation politique s'inscrit dans plusieurs générations de la famille Lecante. Patrick Lecante est également le fils d'Andrée Lecante, ancien maire de Montsinéry et ancien président du Conseil départemental. Pour autant, le candidat insiste aujourd'hui sur une démarche personnelle.
« Ma candidature ne s'inscrit pas dans une filiation ou un héritage politique. Cette candidature s'inscrit dans un projet. »
Ancien maire de Montsinéry-Tonnégrande pendant 18 ans, de 2008 à 2026, et président du Comité de l’eau et de la biodiversité de Guyane, l’économiste estime que plusieurs filières disposent d’un potentiel important mais restent freinées par des blocages administratifs, réglementaires ou économiques. Pour Patrick Lecante, le rôle du sénateur serait notamment de travailler sur les textes de loi afin de lever certains de ces obstacles :
« La Guyane a les ressources suffisantes et nécessaires, parfois donc très importantes. [...] Et pour autant, nous n'arrivons pas à décoller. Le rôle du sénateur, qui n'est pas un rôle d'exécutif, c'est justement [...] de débloquer ce nœud gordien. »
Il cite notamment le cas des véhicules utilisés par les agriculteurs, soumis selon lui à un malus écologique alors qu'ils constituent des outils de production.
Une méthode fondée sur le travail parlementaire
S'il est élu, Patrick Lecante dit vouloir combiner travail législatif, présence en commission et échanges avec les cabinets ministériels. Il met en avant son expérience acquise à la tête de Montsinéry-Tonnégrande et évoque notamment le développement de la zone d'aménagement économique de la commune :
« Je n'y vais pas pour pantoufler. J'y vais pour agir et agir au quotidien et rendre compte. Ça va être ma méthode. Tout ça, c'est le travail de lobbying que nous avons su mener dans les cabinets ministériels qui ont su nous accompagner. »
Mutualiser l'ingénierie des communes
Autre priorité avancée : accompagner les 22 communes guyanaises confrontées à des difficultés pour monter et concrétiser leurs projets, notamment faute d'ingénierie technique. Patrick Lecante propose une mutualisation des compétences entre les intercommunalités, la CTG et les services de l'État :
« Les collectivités communales ont des projets. Les élus communaux font un travail formidable. [...] Et pour autant, ils n'arrivent pas à joindre les deux bouts, faute de moyens. »
S'il accède au Sénat, il indique vouloir siéger à la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable, en cohérence avec les thématiques qu'il défend durant cette campagne.
Le scrutin sénatorial se tiendra le 27 septembre à la préfecture de Guyane. Dix candidats sont officiellement en lice pour les deux sièges à pourvoir : Patrick Lecante, Rodolphe Alexandre, Roger Aron, Hélène Sirder, Rollin Bellony, Jean-Yves Mirakoff, Ronan Malarme, Victor Joseph, Ryan Persaud et Gérard Amayota.
Les 577 grands électeurs devront départager ces dix candidatures lors d’un scrutin majoritaire à deux tours.
VIDEO : Patrick Lecante dans l'Invité du 7H





